The 2007-10-12 at 21:17 by Loïc d'Anterroches filed under News.
Les biocarburants, c’est beau, surtout dans les publicités. Vous voyez des voitures rouler, avec en image de fond un joli champ de blé ou de colza et une petite voix off qui dit : Cette voiture roule propre, avec du biocarburant.
Maintenant, regardons d’un peu plus près. La question est comment produire l’éthanol vert en Europe.
Maintenant regardons de plus près à quel point cet étanol est vert.
La production de blé, maïs ou colza se fait avec :
Ensuite, il faut transporter le tout vers l’usine la plus proche (coût en essence, assez marginal il faut le dire).
La production d’éthanol aujourd’hui est un procédé assez bien maîtrisé est n’entrainant pas de pollution directe majeur, mais il faudrait évaluer l’impact de l’implantation de ces nouvelles usines, le traitement des sols en fin de vie de l’usine, etc. Les risques liés à cette production, il faut en effet des solvants pour la séparation (Benzène entre autres, produit sympatiquement cancérigène).
Maintenant vous avez votre étanol vert. Faites le bilan carbone de cet étanol, en considérant l’ensemble de la chaine de production. Si le bilan est positif, tous les avantages sont détruits par :
Mais pourquoi alors le bioétanol ? Je pense, et c’est mon avis très personnel, que cela sert très bien l’industrie automobile. En effet, cela leur permet d’avoir une image "verte" tout en ne changeant absolument leur comportement et les automobiles misent sur le marché. En effet un moteur aujourd’hui fonctionne très bien avec un mix éthanol/essence conventionnelle. Pour les gouvernements, cela permet de ne pas se remettre en cause et en plus cela fait du soutien aux agriculteurs. Pour les particuliers, utilisateurs finaux, cela donne l’impression de rouler vert et donc cela donne la tranquilité d’esprit de ne pas avoir à changer son comportement.
Maintenant, le bioétanol fonctionne dans certains cas très particuliers. L’un est la production à partir des restes de cannes à sucre au Brésil. Cela fonctionne très bien, mais dans ce cas très particulier, la production provient des résidus, ce qui n’est pas le cas en Europe ou c’est le grain qui est utilisé et non la paille restante.
Au passage, l’augmentation du prix du blé est de l’ordre de 40% en 1 an…
Promis, le prochain billet sera technique, l’utilisation d’Amazon EC2.
Comments from readers
David, biologeek said:
J'espère que le prochain billet fera état du bilan énergétique des ordinateurs en prenant pour exemple EC2 ;-).
Loïc said:
Remarque très pertinante, vraiment ! Il faudrait que je fasse un billet sur le changement de mes habitudes en terme d'utilisation des mes outils informatiques pour réduire ma consommation électrique. Je note cela au coin de la tête.
Olivier G. said:
Intéressant, mais tu oublie un autre effet pervers : pourquoi produire le blé alors que les pays d'Afrique en produisent ? Résultat ? Pression accrue sur les cultures et les marchés alimentaires des pays pauvres, qui voient les prix et les denrées s'envoler.
Elle est pas belle la mondialisation ?
Jérémie said:
Et faire baisser le prix de la Toyota hybrid en esperant que les constructeurs européens en proposent aussi...